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--> parceque je ne suis pas au pays des merveilles.

HP - quelquepart sur la terre - pavillon handicap mental

janvier 2011.

Boum boum du moment :

http://www.wat.tv/video/willy-denzey-si-tu-existais-pas-hg84_2g8qj_.html

Le matin, dès l'aube,

 à l'heure où banshee la campagne

 (faut pas vous la faire, exact ?)

 après les lacets délassés, les bois morts et glissants, la porte gronde, grippe, grince,

 et c'est le froid des néons qui m'accueille.

je suis laide, le matin, O' roi Néon.

Petit casier pour petit coeur, je range ma vie dans un coin de poche, je sors le matos,

briquet, clopes, bip,

instinct de survie, hein,

j'enfile mon armure, le vestiaire est mixte, mes collègues abondants.

Et parfois bandants aussi.

Il y a du mâle en psychatrie.

Ca rit, ça fume c'est bon enfant, tout ça, c'est encore bien vivant.

A 6 heures du mat'.

Au loin du dessus,

 ça remue déjà.

 Il y a des choses qui grimpent, qui rampent, et qui grattent à la porte.

I am a legend,  et les monstres m'attendent.

le couloir qui mène à l'enfer joue au piano avec mes crocs,

 la rampe est comme mon esprit, bling blang, je vidange

j'ai froid,  je blinde,

j'entends déjà les coups de langue sur les gonds,

mon cerbère m'attend comme tous les matins au garde à vous sur son unique jambe.

Trousseau de clef, petit matin, je me faufile, courant d'air bleu,

couloirs sombres, clic clac double tour, 

 je suis la première, l'éveilleuse, l'allumeuse, l'éclaireuse,

des choses se cachent dans les recoins de mon panorama.

 Ca meugle, ça beugle, ça appelle, ça attend, ça a faim.

Les giclées de bave sur les vitre font les étoiles de mer au givre, dehors les ombres en  nuit noire sont plus rassurantes que la trame de mon histoire.

Deux yeux globuleux  m'agrippent, oui deux, quel bol,

pleins de doigts crochus, reniflements morveux, elle serre cette main recroquevillée sur son malaise,

la bouche tordue,

la microcéphalie galopante, c'est l'heure de la douche, elle me tire vers la lumière verdâtre de  sa chambre.

Je passe une main dans ses boucles emmêlées, alcôve d'humain, encore un néon strident, 

le néon est mort ce soir.

 Devant cette nudité deformée, des seins, partout, 

 des bosses de sein, allégoriques où sont nos surfaces planes, on l'appelera Louise, elle a un sexe, une touffe, parcequ'il s'agit bien d'une femme.

Le front est un affront à la gravité, le nez inexistant, les dents poussent en arrière,  en avant,

machoire piranhaïenne, des courbes d'hawaïenne,

elle pousse des cris , elle hurle,

pas de cou, les épaules de faîence, qui s 'insultent, des moignons de doigts, et entre les dents, en transe, un filet de bave épais et chaud qui goutte sur mon gant, la bonne bête est câline.

J'ai toujours détesté les Saint Bernard.

Surtout depuis que j'ai subi une tentative d'attouchement sexuel par un médor de 90 kilos.

***

Atrophie d'humain.

Ce qu'il existe de plus laid au monde est parqué dans ses bâtiments gris, cachés, effacés, au fin fond des forêts,  et pourtant ça exige de vivre, de manger, de bouffer, de mordre de griffer, ça exige qu'on l'entende qu'on le voit et qu'on y pense.

Mais ils sont pas à moi ceux là.

Autre chambre, autre horreur, syndrômes de Bourneville x 2, les visages ne sont plus que des  amas de dentelle, de pustules sanguinolentes, il n'y a plus de nez, les yeux sont poreux, la cervelle est de moineau, certains je les trouve beaux, les draps sont visqueux, de pus, de sperme, de déjections fécales, tout est collé sur eux, un placenta nauséabond,

mais il faut bien les faire naître, chaque matin, arracher ces bêtes au linceul de la nuit, gargouilles de cauchemars, et leur donner un air moins vicelard.

Foi de luciole, Faut jamais tourner le dos à un saint bernard.

Fauteuils garés en épis le long des couloirs, on se croirait à la foire,

ça se pince, ça se mord, ça s'insulte en mongole.

 

Deux trisomiques passent entre mes jambes en se grattant les couilles, sur un piedestal le macrocéphale, une vraie star, avec son enorme nouille, syndrôme unique, du moins dans le pavillon, le céphale, pas la nouille,

Harponnage en fin de chambre par une phrase indûment répetée, celui là cause, un seul mot, chaque seconde, de chaque minute de chaque heure, rappel lancinant à la voix rauque,

sons de gorges crachats, odeurs de pets, défilé des sacs de linge, bagarre pour une sombre histoire de lêchage de table, dans un coin ça baise, on a raté la tournée de surveillance,  exorciste 2  se tape le neurofibrome, ils s'enroulent et se lêchent dans leur sac de morve, les couches souillées écrasées sur le sol, ils se rampent, s'attachent les polyarthrites, et hurlent à la mort, comme des chien qu'on décolle.

Après dix heures de travail, je deviens folle.

Je voudrais juste qu'il se taisent, arrêtent de grogner, de respirer si fort, de vivre pour rien. Je voudrais les éteindre tous.

Qu'ils arrêtent de bouffer comme des porcs en étalant leur magma mixé sur la table, de se coller des baffes pour une pâte écrasée, déjà mâchée,  tombée au sol,

je voudrais qu'il se taisent, tous ces inexistants, ces imbus de personne, ces rebus de famille, collés à leurs fauteuils comme des mouches à merde sur un ruban glue.

Et dans toute cette comédie bestiale, cette viande sans âme qui bouge comme un monceau de zombies égorgés,

 survit une lutine, une étincelle, dans cet apocalypse nao. (joli, je trouve) Une fée.

(C'est moi qui le dit, je peux pas m'écraser les couilles moi même.)

Elle arrive à défier le sol de son tronc gracile, elle aurait pu avoir des ailes puisqu'elle n'a pas de membres.

Sa tête toute blonde  est si petite qu'elle pourrait tenir dans le creux de mon coeur.

Elle a un surnom qui chante sous les toits et de grands yeux bleux, plus larges que le ciel.

Et vides.

Mais pleins quand même.

Sa voix est une mélodie au milieu des cris, quand elle m'appelle,

"Ayen, Ayen"

Ayen, c'est joli, je veux bien qu'elle m'appelle Ayen, je suis une créature de plus dans son monde informe.

Sûrement qu'elle me voit cauchemardesque moi aussi, si grande avec tous ces membres qui bougent, ces extrêmités en pointe, cette bouche pleine de dents, a t' elle seulement conscience de mon existence

Elle a sûrement la cervelle pleine de flotte,

Elle a une truffe de chiot, les oreilles de Jumbo, mais quand elle passe au milieu du couloir avec sa garde royale, un blanc coco,

au milieu de ses fidèles sujets,

 trolls gremlins et autres gargouilles putréfiées en restent bouche bée.

 C'est la reine des abeilles, pour un peu on se prosternerait, elle pousse de petits sons rauques, surement qu'elle adoube tout le monde,

la petite mère alien, et c'est un paradis à elle seule dans ce monde sans soleil.

Ecrit par Gobbo, le Vendredi 18 Novembre 2011, 20:02 dans la rubrique Hostopathie.

Commentaires :

Saint Pierre
19-11-11 à 05:44


 
Gobbo
Gobbo
28-11-11 à 11:34

Re:

bénissez moi mon père, je suis une vilaine pêcheuse :p